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Eddy Patrick DONKENG

Education pour tous au Cameroun

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Diplomatie Culturelle en Afrique – Un Forum pour les jeunes leaders

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L'urgence et la nécessité d'une véritable structuration de la danse au Cameroun



Partons de l'existence au Cameroun de manière de plus en plus anarchique des compagnies chorégraphiques. Nous sommes loin de l’époque des seuls ballais universitaires. En quelques années, la danse à pris le pli de mode dans nos cités. Effet de mode ou redécouverte des valeurs d'une culture en voie de disparition? Rejoignons les compagnies pour mieux nous comprendre. Ces regroupements de danseurs ou de potentiels danseurs dirigés par un chorégraphe se meurent. L’appât des lendemains meilleurs que miroitent l’occident sont pointés du doigt.
Au départ, est la focalisation autour du « maître ».
Il va de soi que dans un contexte où les compagnies de danses se comptent des doigts de la main, ceux qui s'en sortent du moins sont des grands patrons et sont vénérés à la prestance des grands maîtres d'art. Tous les projets ou presque émanent de lui et tous les membres de la compagnie comptent sur lui. C'est en effet le chorégraphe qui propose la chorégraphie et dirige son exécution, crée la scénographie et les costumes ainsi que la musique. Pour les troupes traditionnelles, les musiciens qui vont l'exécuter sont bien entendu sous sa direction, comme l'est aussi tout ce qui a trait à l'administration et aux finances de la compagnie. Il faut noter que la relation entre les membres de la compagnie et le chorégraphe vont au centième pour cent près, au-delà des liens professionnels. Les unions et relations brisées et connues en sont des preuves observables. Les compagnies n'ayant pas toujours les moyens de rémunérer ces membres, le chorégraphe est très souvent leur seul recours en cas de problèmes familiaux nécessitant un peu d'argent. Si quelques chorégraphes se plaisent dans ce rôle de petit chef bantou, d'autres y sont contraints par un environnement qui n'offre pas beaucoup de choix. L'on aurait pu penser que la solution se trouverait du côté de la danse contemporaine...
Aucune spécialité n’est du reste, et les difficultés sont presque les mêmes.
En intégrant la mouvance de la danse contemporaine, ces danseurs et chorégraphes n'ont pas souvent perçu tous les obstacles qu'ils seraient amenés à surmonter pour pouvoir exploiter les réseaux de diffusion locaux et internationaux. Les contraintes de la diffusion d'une création chorégraphique africaine sont en effet plutôt nombreuses. En dehors du talent et de la créativité, nombreux sont les chorégraphes qui souhaiteraient intégrer dans leurs projets des régisseurs de son et lumière, des scénographes et des administrateurs. Malheureusement, les quelques techniciens du spectacle qu'on rencontre ici et là sont employés par les Centres culturels; (les centres culturels français se taillent la part belle) d'où la difficulté de les sortir à cause de l'intense activité que leur impose la programmation très dense de ces centres. Scénographes et administrateurs sont des métiers encore très peu connus dans le secteur et les quelques personnes ayant des compétences dans ces domaines sont aussi rares que les espaces et les équipements dont ont besoin les artistes pour créer et se produire.
Et l’on arrive à la question du : « que faire ? »
L'on en arrive à des moments où seule la passion peut être le levain pour le succès de certaines compagnies. Une passion qui n'est pas seulement celle de l'art, mais aussi et surtout celle de la soif d'apporter un plus pour son pays. Un sacrifice qui ne dit pas son nom dans bien des cas. Comment comprendre qu'on puisse se rendre à l'étranger pour une tournée de danse et retourner au bled; pour ne pas dire au recommencement? L'exemple du Nyanga danse est lié à la passion de sa promotrice Elise Meka Mballa qui, cinq années durant, sacrifiera tout pour sa compagnie et communiquera son enthousiasme et son dynamisme à toute une équipe. Or, le meilleur sacrifice étant le sacrifice qui est suivi, celui d'Elise Meka Mballa s'est vu stoppé net. Tous les sacrifices consentis se sont vus tués par le rêve occidental qui habite encore bien des artistes africains. Après une formidable tournée européenne, danseurs et chorégraphe vont choisir de rester en Europe où ils espéraient tirer un meilleur parti de leur talent. On n'en a plus entendu parler.

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"La redécouverte des valeurs perdues"



Dans le monde d'aujourd'hui, nous avons besoin d'un groupe d'hommes et de femmes qui prendront la défense du bien et manifesteront leur opposition au mal, où qu'il soit. Un groupe de personnes finalement convaincues du fait que certaines choses sont mauvaises, mêmes si elles ne sont jamais reprimées. Car certaines choses sont justes même si personne ne vous voit les faire.
Tout ce que j'éssaie de dire c'est que notre monde repose sur des fondations morales. Dieu l'a voulu ainsi! Dieu a fait l'univers pour qu'il soit fondé sur une loi morale...
Cet univers repose sur des fondations morales. Il ya quelque chose dans cet univers qui justifie les paroles de carlyle (Historien et critique britanique (1795-1881)): "Aucun mensonge ne peut vivre éternellement."
Il y a quelque chose dans cet univers qui justifie les paroles de William Cullen Bryant (Ecrivain américain (1794-1878), brillant défenseur des droits de l'homme): "La vérité, foulée au pied, se redressera à nouveau."
Un extrait de ce discours de Martin Luther King, trouve encore toute sa pertinence dans notre société aujourd'hui. La question qu'on se poserait bien est celle de savoir ce qu'il y a lieu de faire dans ce monde en perte de valeurs?
La solution ne viendra certainement pas de quelqu'un d'autre que vous. On peut donc aisément réecouter Ghandi nous demander d'être le changement que nous voulons voir de ce monde.

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Prix Marc de Montalembert 2011

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Marc de Montalembert Prize
Translated into English by: Eddy Patrick Donkeng
The Marc de Montalembert Foundation and the Institut national d'histoire de l'art (INHA) joined together to establish the Marc de Montalembert Prize. This award of 8000 euros aims to foster the completion of an individual research dedicated to expand the knowledge of Mediterranean arts and culture. In addition, the selected candidate will be offered the opportunity to stay in residence at the Marc de Montalembert Foundation's headquarters in Rhodes, Greece.

Applicants should be born in, or have the nationality of one of the countries that surround the Mediterranean Sea. They must be under 35 years of age on 30 November 2010, and hold an academic degree. Applicants will be evaluated according to their curriculum vitae and their research project. Attention will be given to projects' originality, interest, feasibility and relevance regarding to the Mediterranean region and to INHA's research programmes. Applications should be submitted in the form of a project proposal, with attached budget, schedule for completion, and a concise description of expected results in view of a possible diffusion. Projects must be individual and shall not be related to PhD researches, or to the organization of an exhibition or a programme of cultural events.

The implementation of the project, six to nine months long, will start by a one-month stay in Paris, as a visiting scholar at the INHA. It will end by a second travel to Paris, during which research results will be the subject of a public presentation. The cost of the two stays will be covered by both the Marc de Montalembert Foundation and the INHA. In addition, the selected candidate will benefit from the guidance and support of an INHA scientific advisor. Finally, the project results will be published and disseminated in a proper way, with INHA's help.

Application deadline is 30 November 2010.

For details, please see www.inha.fr/IMG/pdf/AFFICHE_MONTALEMBERT.pdf

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La presse en ligne au Cameroun



La presse électronique au Cameroun a suivi le pas engagé aux Etats – Unis.
Aujourd'hui, bon nombre de journaux camerounais ont pris conscience des avantages que proposent le Net et à leur tour, créent leurs sites Internet. Pour ceux qui existaient déjà en version imprimée, certains se sont mis en ligne et commencent dès lors à rechercher un lectorat différent de celui de leur version papier. Ce qui n'est pas sans difficultés. La première étant celle la cyberécriture et du cyberjournalisme. Ceci dans la mesure où l'environnement est différent. Avec la définition qui peut être donnée du cyberespace, on est en passe de parler d'un environnement qui est virtuel. La question étant de savoir si l'espace virtuel tout comme ses acteurs sont forcément irréels?

Les interrogations s'étendent à l'écriture cyberjournalistique. Il existe une différence de fond entre les modes d'écriture des journaux imprimés et électroniques. Mais l'essentiel du métier de journaliste ne change pas avec Internet bien que la cyberécriture ait quelques particularités du fait de la structure même d'un journal en ligne. Comme partout dans le monde d'ailleurs, en considérant Internet comme un média particulier et la cyberécriture comme un style lié au média, le cyberjournalisme est remis en question.

Les journaux en ligne au Cameroun ne sont pas pris au sérieux.
Le contexte actuel est marqué par la perte du monopole de l'information, une conséquence directe du world wide web; la perte du monopole de diffusion surtout quand on sait qu'aujourd'hui, tout le monde peut s'autoproclamer cyberjournaliste, et partant du faible coût que suppose la création d'un blog, tous les acteurs de la vie sociale peuvent diffuser et échanger directement leurs informations sans plus passer par le filtre éthique et déontologique que constitue les journalistes. Ce qui entraîne évidement, la perte de la crédibilité. De la difficulté à définir qui est journaliste et qui ne l’est pas, découle également la complexité de définir qui est cyberjournaliste. Déjà que les dénominations au sein des entreprises de presse en ligne varient selon le média. Explication est due à la complexité du cadre juridique qui pourrait en définir les dispositions. Les consommateurs de l'information sont pourtant plus nombreux aujourd'hui qu'on ne le penserait. Le gouvernement tout comme la société civile devraient pouvoir considérer le cyberjournalisme comme une profession à part entière. Avec tout ce que cela implique.

La valeur ajoutée que le journaliste apporte aux informations est précieuse.
C'est une nouvelle profession qui nécessite quelques connaissances et compétences. En l’occurrence la maîtrise de la déontologie, car sur la toile il circule un peu de tout. Il revient aux journalistes de faire la différence entre info et intox. Ainsi, "d'une part, il est bien souvent difficile de déterminer sur l'Internet quel est le statut de l'information que l'on consulte : s'agit-il d'une information presse, d'un publi-reportage, d'un contenu produit par une agence de communication ou par des journalistes amateurs ? D'autre part, la distinction en terme de « qualité » entre les informations est de plus en plus difficile à établir." C'est à n'en pas douter n'en pas douter le grand défi que les entreprises de presse en ligne ont à relever. Quant au problème de l'écriture sur le Net, il ne se pose pas encore pour les journaux en ligne camerounais parce que c'est la reprise des versions imprimées.

L’exigence de la formation.
Le principal acteur des versions en ligne est le webmaster encore appelé l'administrateur du site. C'est lui qui gère entièrement le contenu du site. Sans aucun doute il doit être informaticien du fait qu'il maîtrise le code Html et tous les langages qui peuvent permettre de créer des hypertextes, à monter des pages, à activer ou désactiver des balises... Or jusqu'à présent, le seul et vrai contact des journalistes du moins ceux des plus modernes avec l'informatique, c'est la saisie de texte. "L'équipe de rédaction online doit posséder des compétences extra - journalistiques complémentaires de l'édition traditionnelle. Pour un succès de la version en ligne de leur publication, les directeurs d'entreprise de presse n'ont pas seulement besoin de compétences humaines, mais aussi, d'un dispositif technique approprié."

Malgré l’évolution de l’Internet, l’accès et les débits posent encore des soucis.
Ce qui amène à évoquer un autre défis et par la même, une difficulté, c'est l'accès réseau. Le débit d'une connexion par ondes radio est très élevé. Si l'on avoisine les 128 Kbits, les cybercafés qui sont le plus souvent utilisés pour la production de ces journaux fautes de moyens pour se procurer des connexions privées, ont un débit d'environ 58 Kbits.

La société de l'information est en train de devenir une réalité et ceci en raison de la révolution numérique qui bouleverse et transforme le monde de l'industrie de l'informatique. C'est fort de ce principe de l'abolition des frontières que le monde de l'édition a subi le coup de la révolution. Aujourd'hui, par souci de modernité et pour répondre aux exigences d'un public diversifié, universel et exigeant, de nombreuses publications ont investi la toile.

L'ouvrage s'est appesantit également sur l'analyse du concept de convergence. Partant de ce principe de converge, l'auteure s'est également intéressée à l'analyse des contenus des journaux qui ont fait son corpus. Toutefois, il importe de rappeler avec elle que l'analyse de ces quelques médias en lignes est extensibles aux autres. Ainsi, son approche méthodologique s'inspire des instruments d'analyse que propose Madeleine Grawitz. Cette approche permet de montrer d'une part comment sont gérées les contenus des versions en ligne et d'autres parts, quel est le degré de pertinence de ces journaux en ligne. Et le premier constat s'explique dans la mise en forme. La construction des pages web est dominée par l'axe vertical et la structure est établie sur la base des colonnes, quant au défilement, c'est l'axe vertical qui est le plus répandu sur ces journaux en ligne. Quant aux colonnes le cadre réservé à l'information est le plus large. La page d'accueil est plus construite que les autres; elle est agréable, structurée et pleine de couleurs. L’agencement des pages du journal électronique témoigne du manque important de construction formelle.

Revenant enfin sur la pertinence de ces journaux en lignes, après analyse des éléments qui entrent dans la réalisation de la page-écran, l'auteure relève la pertinence de certains sites camerounais. Tant au niveau des contenus qu'au niveau de l'actualisation nombreux d'entre eux sont des quotidiens d'informations et de communication.

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La presse francophone à Yaoundé



Les 41ième assises de la presse francophone se déroulent à Yaoundé sous le thème : « Ethique et déontologie : entre liberté de la presse et responsabilité du journaliste. » Placé sous le haut patronage du Président de la République, la grande famille de l’espace francophone représentée par la presse francophone échange sur le devenir de la profession.
Au moment où les technologies de l’information et de la communication tendent à tout bouleverser, les journalistes de l’espace francophone sont appelés à avoir conscience des enjeux de l’information. Enjeux multiples qui ont souvent conduit à des dérapages déontologiques qui, non seulement loin de confondre toute la profession, ont conduit les politiques à la mutiler.
A la question de savoir si internet change la donne ? M. Kone Ibrahim affirme que oui. Car la première obligation de la toile est celle de la vérité. Aujourd’hui plus que par le passé, pour avoir besoin d’une information sur n’importe quel domaine, le premier recours est celui de l’internet. Souvent cité à titre de preuve pour clore ou illustrer certains débats. L’information qui y est véhiculée fait sens, le débat qui y est proposé instruit et construit, puis elle doit apporter l’échange de savoir et le partage des connaissances. C’est donc une nouvelle presse qui « invente et préserve, innove et prolonge ». Toutefois, «la révolution des télécommunications a fait UPF : liberté de la presse ou presse en liberté déontologique ? tomber de son piédestal le journalisme qui prétendait avoir le monopole de l’opinion. Il doit aujourd’hui plus que par le passé chercher, trouver, révéler, trier, hiérarchiser et transmettre les informations, les faits et les réalités utiles à la compréhension du monde, à la réflexion qu’elle suscite et à la discussion qu’elle appelle ». L’enjeu se trouve être à la fin la qualité du journaliste car il est préférable d’avoir des hommes de qualités même si les lois peuvent être bidon que d’avoir de bons textes de lois et des hommes médiocres. S’accordant en majorité sur le présidentialisme exacerbé qui ruine l’esprit démocratique, ou corrompt les libertés fondamentales, l’on insiste sur le fait qu’au jour d’aujourd’hui tout semble fait pour « démoraliser le journalisme ». A ceci s’ajoute la révolution des technologies de l’information et de la communication dont le point focal est internet.
La médiocrité observée est induite par les soucis de carrières et de satisfaction matérielle. Avec les conditions sociales qui ne sont pas toujours aisées, les peuples, les journalistes y compris, sont très proches du gombo, de l’argent de taxi…Un zeste d’audace, un sursaut d’orgueil, du courage c’est qu’il faut au journaliste d’aujourd’hui et de demain pour que le droit à l’information et la liberté de la presse soient mis en avant.

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Libéralisation des délits de presse au Cameroun.


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Journalistes, ONG, luttent pour la défense de la liberté de la presse. Ils revendiquent la « dépénalisation » des infractions de presse, et ceci dans bien de pays. Au Cameroun, ce cri est récurrent depuis 1990. Plusieurs évènements ont remonté en surface cette question qui nécessite non seulement un aménagement de la répression des infractions de presse, mais aussi, l’inculcation dans les mentalités des journalistes de l’impossible « dépénalisation » totale des infractions de presse et la clarification d’un malentendu terminologique.

La « dépénalisation » des infractions de presse est un malentendu à clarifier.

La « dépénalisation » est un néologisme français. Dans son acception commune, il s’agit d’enlever toute sanction pénale à un comportement que le code pénal incrimine et lui rattache une sanction conséquente. Autrement dit, la « dépénalisation » implique d’abord la suppression du fait qui constituait l’infraction et ensuite la suppression de la peine attachée à ladite infraction. La définition donnée par les associations de journalistes d’Afrique prône une suppression totale d’infractions et de peines qui y sont rattachées. L’examen des textes portant sur la « dépénalisation » dans quelques pays africains qui s’y sont livrés (le Togo le 14 Avril 2004, la République Centrafricaine -RCA-le 22 Février 2005) relève également des malentendus de fonds. Il y a donc une inadéquation entre les deux parties. L’une vise la suppression totale, l’autre un adoucissement tant des incriminations que des peines qui vont avec. Les malentendus sont d’ordres terminologique, et de fonds. Malgré l’existence des lois y relatives, on trouve encore ça et là des peines privatives des liberté. Les journalistes continuent partout de subir des exactions diverses : saisies et destructions du matériel de reportage, bastonnades, gardes à vues prolongées indéfiniment, mort… Si le problème des incriminations a été plus ou moins réglé, celui de la procédure de répression ne l’a pas été. Les concepteurs de lois semblent les aménager de manière à protéger une partie au détriment de celle qui est supposée en bénéficier.

La « dépénalisation » totale des infractions de presse : un fait impossible.

depenalisationLe droit international s’est inspiré de la loi française du 29 juillet 1881 sur la liberté de presse pour mentionner la liberté de la presse dans la Déclaration des droits de l’homme du 10 décembre 1948. Le législateur avait tablé sur une voie médiane. Il avait institué une liste précise d’infraction de presse, afin que la totalité du code pénal ne s’impose plus à celui qui exerce la liberté de presse. Sous l’appellation de « Pacte international relatif aux droits civils et politiques » (adopté le 16 décembre 1966 et entré en vigueur le 23 mars 1976), des dispositions ont été prises et qui conforte après examen de l’article 19, qu’on ne pourrait juridiquement admettre une quelconque « dépénalisation » des infractions de presse. Il impose des « restrictions » mentionnées au paragraphe 3. Ledit paragraphe interdit expressément la « dépénalisation » dans tous les pays membres de l’ONU. Les pays signataires sont conviés à aménager spécifiquement ces limites dans les textes de loi interne. C’est donc en aménageant ces limites, que les biais sont fixés. Partant de l’idée selon laquelle les citoyens sont immatures (dans les démocraties en construction) pour exercer leur liberté sans commettre des abus, il revient à l’Etat de mettre des garde-fous. Mais ces barrières qui sont parfois très sévères envers les journalistes peuvent trouver explications à travers les mécanismes d’un contrôle étatique et des moyens de persuasion. L’examen des textes tant internationaux que nationaux montre qu’il ne saurait y avoir de « dépénalisation » intégrale en matière de répression des délits de presse. Le vrai problème n’est-il pas l’abondance des répressions non prévues par les réglementations en vigueur dans les différents Etats ?

L’aménagement de la répression des infractions est une nécessité.

L’aménagement nécessaire consisterait à passer de la « dépénalisation » à l’adoucissement de la répression des infractions de presse. Une fois de plus, il faudra revenir sur le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Il trace un chemin qui y conduit inéluctablement. Mieux encore, il donne un cadre de réflexion fort intéressant. Le Pacte stipule une première série de limites qui concerne le respect des droits et de la réputation d’autrui ; la seconde série de limites a trait à la sauvegarde de la sécurité nationale, l’ordre public, la santé et la moralité publique. Si le problème de « dépénalisation » ne se pose plus dans les pays aux démocraties avancées, c’est que la presse a réussit à intégrer ces aménagements dans l’exercice de la liberté, de la collecte, du traitement et de la diffusion d’information. Il faut se l’avouer, en Afrique, certains pays font déjà quelque chose dans ce sens, mais beaucoup reste à parfaire. Au Cameroun, il n’existe pas encore de liste autonome d’infractions de presse. Tout le contenu du code pénal s’impose encore au journaliste avec toutes ses peines et une procédure des plus sévères. Le progrès étant un phénomène total auquel nul ne saurait s’en dédouaner, l’on espère que les états généraux de la communication annoncé au mois d’octobre 2010 aideront à faire le pas décisif vers un consensus entre le pouvoir étatique et le pouvoir médiatique.

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Le Cameroun restera-t-il un ilot de paix?


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Le Cameroun est dans une grande instabilité potentielle.
Concentrant son analyse sur les facteurs d’instabilité les plus importants et examinant la situation actuelle au Cameroun, ce rapport révèle qu’à moyen terme, les dissensions internes
du régime, les fractures au sein des forces de sécurité, ainsi que la colère et la frustration ressentie par la population sont susceptibles de causer une transition chaotique. Exagération, qui peut le dire ? Seulement ledit rapport indique après analyse de la réalité sociale, que c’est très probable ; et donne à la suite sous forme de recommandations, la voie à suivre pour éviter de sombrer dans un climat d’instabilité à l’occasion de l’organisation des élections de 2011.

Le régime en place n’est solide que d’apparence.
Le rapport considère le régime comme « un système puissant mais qui manque de légitimité ». Situation qui peut se traduire par l’accumulation des divisions. Le régime Biya aurait un important handicap : il n’a pas de légitimité populaire. Le lien des députés ou des maires avec leur base semble tout aussi ténu, en raison du manque de fiabilité du processus électoral. Beaucoup de barons du régime se sont aussi discrédités à cause de leurs liens troubles avec les milieux économiques et d’affaires. A titre d’exemple, l’actuel ministre du Commerce est également le PCA du plus gros exportateur de bananes du pays, filiale d’une entreprise française… » De plus, parmi ces ministres, rares sont ceux qui ont une légitimité populaire.

Difficile de compter totalement sur les forces de sécurités qui sont fragmentées.
L’omni présence des forces de l’ordre n’est pas un élément rassurant. Africa Report N°161 relève qu’elles sont divisées. Les forces de sécurités sont fragilisées et il règne au sein des corps l’indiscipline, les vols et la criminalité ; le conflit de générations aux postes de commandements, notamment celui de général. L’armée, la gendarmerie, la police sont fragmentées, avec d’un côté des forces régulières peu équipées, en partie tribalisées, et de l’autre, des « unités spéciales » qui bénéficient d’un régime de faveur. Une partie d’entre elles a aussi développé des liens avec le monde des affaires ou des milieux criminels. En cas de crise, il serait difficile de parier sur la réaction des forces de sécurité. Certains seront soucieux de « préserver leurs privilèges et leurs intérêts, rendant toutes les options possibles, y compris celle d’une prise de pouvoir. »

La rue est un chaudron de mécontentement qui se remplit.
La rue est souvent le siège des grandes tensions sociales. Les opérations « villes mortes » en 1991, puis en février 2008 les émeutes dites de la faim, ont causé la mort de plusieurs camerounais. Le Cameroun s’est enflammé et donne de penser que la rue est une bombe à retardement. « La rue est un chaudron de mécontentement qui se remplit ». Aux revendications des transporteurs contre l'augmentation du prix du carburant, s’est superposées la colère de la population contre la cherté de la vie mais aussi contre le projet de Paul Biya de supprimer la limitation constitutionnelle du nombre de mandats présidentiels. Des jeunes ont marché et sont arrivés jusqu’aux portes du palais présidentiel, Créant la panique dans l’appareil sécuritaire de l’Etat. « Aujourd’hui, l’hypothèse qu’une autre explosion de violence se produise est toujours très forte, la situation n’ayant pas changé depuis 2008. La population n’a toujours pas de réponses à ses frustrations ni d’espace pour les exprimer, le climat de corruption et de misère reste propice à ’instrumentalisation, l’absence totale de perspectives donne à beaucoup de jeunes le sentiment qu’ils n’ont plus rien à perdre. »

L’explosion peut être évitée et la transition démocratique sans heurts.
Des solutions existent pour parvenir à une transition démocratique sans heurt. Selon l’Africa Report N°161, il passe par : la crédibilisation et l’indépendance d’Elecam, l’institutionnalisation et l’impartialité de la lutte contre la corruption, la neutralité des forces de sécurités. Il faudra également d’après ce même rapport envisager urgemment des dispositions constitutionnelles en cas de vacances subites du pouvoir. La communauté internationale doit appuyer ces réformes, en particuliers les partenaires internationaux privilégiés du Cameroun que sont les Etats Unies et la France. L’idée que tout peut arriver à tout moment domine chez l’ensemble des observateurs.

Cameroun restera-t-il un îlot de stabilité dans la région après les élections de 2011 ? « Bien que peu de Camerounais aient gardé l’espoir d’un changement par les urnes, l’organisation de l’élection présidentielle de 2011 représente un risque majeur de conflit. Tout doit donc être fait pour éviter que le scrutin donne lieu à des contestations. » Quoi qu’il en soit, nous pensons que la question vaut-elle la peine d’être posée.

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Justice populaire dans des quartiers de Yaoundé


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Il était intéressé par l' ordinateur de son voisin, très tôt ce matin du 21 octobre 2010. Mal lui en a pris dans la mesure où il y a simplement quelques temps, des pare-brises auto avaient été volés ; des agressions devenues fréquentes près du domicile privée du ministre des sports à biyem-assi. Bref, il est mal tombé. Sa bastonnade publique remet sur la table la question de la justice populaire dans notre société. Lorsque qu' un voleur est aujourd' hui attrapé en fuite, il est simplement lynché en groupe sans autre
forme de procès.

Ces violences peuvent et sont très souvent mortelles. Mais il semble que rien ne réussi à décourager les bandits qui vivent avec nous au quotidien. Colère des populations dépassées ou manque de confiance en la police locale, qui peut le dire ? Une chose est vraie cependant, c' est que la police est peu réactive face à la violence de la vindicte populaire. Manque de moyen ou de volonté ? Toujours des questions qui restent sans réponses pendant que des cris fusent de partout : « tuez-le » d' un côté et « pardon je ne vais plus recommencer de l' autre ».

Pas de pitié donc pour les voleurs ! « Quand les temps sont durs, ils viennent gêner les gens ». Et cette pensée est communément partager. Aujourd'hui, lorsque l' on crie « au voleur ! », un élan de solidarité gagne la foule présente autour du « tout-juste-dépossédé ». Tout est mis à contribution pour donner l' alerte : les cris stridents de femmes, les sifflets sont des plus utilisés. Aussitôt entendus, la population se rue sur le bandit, à qui elle ne laissera pas le loisir d' appeler un avocat ou la police pour sa défense. La foule se livre à un lynchage en bonne et due forme du malfaiteur. Ce fut le cas ce matin avec ce jeune homme d' une vingtaine d' année qui n' a pas voulu dire son nom. Certains n' en ressortent pas vivants, tout le monde le sait. Un châtiment violent et spontané que même les forces de l' ordre n' ont pas toujours le courage d' affronter.Justice populaire : « O voleur, à Biyem-Assi accacia »

Les bastonnades sont surtout fréquentes à la périphérie des villes. La norme semble être dictée par la loi du : « oeil pour œ dent pour dent ». Que faire ? Et ce n' est pas le propre de il, Yaoundé. Et apparemment il a « sa chance que ce n' était pas à Douala ou au marché central (de Yaoundé) » Clament certains observateurs de la scène. Car des observateurs, il y en a toujours qui encouragent les acteurs. Mais au triste constat que les acteurs d' aujourd' hui sont bizarrement ceux qu' on attrape le lendemain pour les mêmes causes. A quoi servirait donc la bastonnade ? Quelques rares fois, la population corrige également collectivement le voleur avant de l' amener au commissariat. Ce qui laisse présager une certaine indulgence, forcée ou volontaire, de part de la police. « Certains agents assistent à des passages à tabac mais restent à distance. Ils restent passifs de peur que la foule ne se retourne contre eux, ou par manque d' effectifs », explique les policiers. Parfois, les forces de sécurité soutiennent ouvertement les représailles violentes. « Lorsque les policiers arrivent après le lynchage d' un voleur, ils n' hésitent pas à dire qu' il fallait en finir avec lui avant leur intervention », raconte une jeune retraitée. Beaucoup font d' ailleurs le choix de ne pas appeler la police. D' une part, parce qu' elle arrive
souvent trop tard. D' autre part, « les populations estiment qu' elle va traiter le fautif avec trop de clémence ». Les offensés préfèrent donc se faire justice eux-mêmes. S' ils agissent en groupe, c' est par solidarité. L' objectif est de réparer l' injustice selon laquelle ce sont les plus pauvres qui sont victimes de vol. Une injustice qui provoque une rage aveugle et souvent incontrôlable. « Les lynchages pour vol sont fréquents sur le marché des grandes villes. Il existe pourtant des postes de polices installés un peu partout.

De nombreux voleurs y ont laissé leur peau. Bien évidemment, certains citoyens s' opposent à ces châtiments extrêmes. Notre jeune ami ne fera pas partie de ceux qu' on comptera parmi les morts des suites de lynchage. A la vue du sang jaillissant de partout sur le visage, il a été éconduit dans un centre de santé. Astuces ? De toutes les manières, la bastonnade de voleurs n' est pas une punition qui convient à tout le monde. Une compassion encore bien loin d' être générale.

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